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dimanche 13 septembre 2015

Enièmes chroniques d'une mère qui ne veut pas se définir par sa maternité mais qui ouvre un blog sur la parentalité

et qui aime les titres longs.

L'envie de bloguer sur la maternité, et plus largement sur la parentalité, m'est venue lors de mon retour de congés d'été. Replaçons le contexte. 8 heures pétantes. Couloirs calmes d'une petite PME le dernier Lundi d'Août. Le regard plein de compassion, ma bien-aimée Collègue Sans Enfant me demande avec des trémolos dans la voix : "Pas trop dur de laisser ton petit bout de 7 mois après trois semaines de bonheur estival ?".

Quelle culpabilité j'ai ressenti ! Car non, Collègue, ça n'a pas été dur de reprendre le boulot ! Me lever à 6 heures du mat' par contre, oui. Je n'ai pas aimé revenir au travail pour mon boulot super épanouissant (non), mes collègues super drôles (ça dépend desquels) ou pour partager mes photos de vacances (je ne suis pas partie). Non. Si j'ai aimé revenir au travail, c'est parce que la Merveille n'était pas là.

Vilaine mère ! s'écrirait l'Amie Épanouie dans la Maternité. C'est une honte ! hurlerait encore plus fort la Collègue Avec Deux Enfants Tellement Géniaux.

Alors je culpabilise. Car je l'avoue, s'occuper d'un bébé de sept mois, ce n'est pas que du plaisir. C'est beaucoup de travail, d'abnégation, d'ennui, de ras-le-bol. C'est une routine implacable, millimétrée, où il est difficile d'improviser une sortie shopping à la dernière seconde. Trois semaines de vacances, c'est 84 biberons, 2,7 kilos de purée de légumes et autant de compote, 105 couches changées dont 63 étaient pleines d'une substance brun-vert à l'odeur immonde (souvent appelée "caca"), 21 soirées à tenter d'endormir un bébé fatigué mais survolté et environ 327 reproches non-formulés à l'égard du Papa.

Et j'avoue. Non, je ne m'épanouis pas en changeant une couche. Non, le quatrième biberon de la journée n'est pas le moment de communion intense entre une Maman Illuminée par la Grâce et un Bébé qui vous regarde avec des Grands Yeux Enamourés. Non, les couches pleines de caca de votre Bébé ne sentent pas la Rose grâce aux efforts des hormones.

En réalité, Madame a très envie de faire pipi et n'attends qu'une seule chose : qu'il lâche ce sein !

Alors, à ce moment-là, j'ai eu envie de blogger. D'exprimer ce que peut ressentir une Maman qui aime son Bébé, mais qui aime la solitude aussi. Qui aime la Maternité mais aussi Travailler. Qui aime jouer à Cacher-coucou mais aussi regarder des séries pendant les siestes. Qui aime faire des petits pots maison et jouer à CandyCrush en surveillant la Merveille dans le parc. Il existe beaucoup d'autres blogs sur la Parentalité. Certains sont axés "Bienveillance", d'autres "Ecolos", ou bien "Déculpabilisation". Le mien serait plutôt "Vaut mieux en rire qu'en pleurer". Être Parent, c'est génial mais pas tout le temps. Être Parent, c'est ressentir beaucoup de bonheur mais pas à trois heures du matin quant Bébé hurle dans vos bras. Être Parent, c'est culpabiliser en permanence et culpabiliser de ne pas culpabiliser.

Pour en revenir au sujet de départ, je n'ai pas détesté ces trois semaines passées avec la Merveille. C'était même très bien. Ces trois semaines m'ont permis de constater qu'elle n'est plus le petit bébé que j'ai laissé à la Nounou à 3 mois. Elle est intelligente et adorable. Elle est souriante et drôle. Incroyablement attachante. Elle est éveillée et curieuse. Je pourrais la regarder pendant des heures passer un jouet d'une main à l'autre et j'aime la couvrir de bisous jusqu'à lui faire des trous dans la joue. Et si j'ai aimé ces trois semaines de vacances, c'est parce que je savais qu'elles avaient une fin.

On ne peut apprécier les moments passés ensemble qu'en créant un petit manque.

Alors, "Vivement le week-end prochain." ai-je simplement répondu à ma Collègue Compatissante.